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5. Le déshonneur de la colère

Je veille à ne pas me laisser aller ici à un état affectif ouvertement ou sournoisement violent, à une émotion qui troublerait ma sérénité et ne serait pas à mon honneur. Il ne se passe guère un jour sans que soit relatée la colère de tels individus ou de telles groupes, leurs réactions proches de l’agressivité traduisant leurs vifs mécontentements. Les médias et les réseaux sociaux regorgent de colères de toutes sortes et de tous bords. Si nous avons tous mille “raisons” de nous mettre en colère, celle-ci reste mauvaise conseillère quand elle submerge d’autres motions plus constructives ou si elle s’installe durablement : elle faussera les raisonnements ultérieurs, notamment à cause des biais cognitifs engendrés par un état affectif peu enclin à la remise en question, à la tolérance et au pardon.

Le plus souvent la colère résulte du sentiment d'une agression, d'un désagrément, d’une injustice. Je reconnais que je ne suis pas exempt de telles sautes d’humeur ni de sentiments d’irritation ou d’agacement, même si ces états sont chez moi relativement rares et brefs. Subrepticement, le coléreux tend à s’imposer et à imposer son point de vue, ponctuellement ou durablement. Il cherche à prendre ou à reprendre quelque pouvoir. S’il y réussit, il deviendra un être corrompu car le pouvoir corrompt, même les meilleurs. Et s’il n’y réussit pas, il risque d’être pour longtemps frustré, triste ou aigri.

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Page publiée le 20/12/2018
par Christophe Sobottka (“ChSo”)
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